d) Le sexe psychologique
Le sexe psychologique est le comportement sexuel, dépendant du sexe anatomique mais également de nombreux autres facteurs psychologiques. Le sexe psychologique est le fait de se sentir homme ou femme. Dans la majorité des cas, le sexe psychologique de la personne est en accord avec son sexe anatomique qui est le repère principal. Pour certains, il existe un décalage entre ces deux types de sexe : ce sont les transsexuels. Ainsi, une femme transsexuelle se sent homme bien qu’elle soit née avec tous les attributs féminins et vice-versa pour les hommes transsexuels. Attention à ne pas confondre avec l’orientation sexuelle qui désigne l’attirance érotique, le désir affectif et sexuel sur des personnes du même sexe (homosexualité), du sexe opposé (hétérosexualité) ou indistinctement sur l’un ou l’autre sexe (bisexualité). Par exemple, une femme transsexuelle se sent homme mais peut être attiré par des femmes. Elle est alors hétérosexuelle par son esprit et lesbienne par son anatomie. Ou bien homosexuel psychologiquement et hétérosexuel anatomiquement si son attirance se porte sur les hommes.
L'identité sexuelle (ou sexe psychologique) est déterminée par la perception subjective que l'on a de son propre sexe et de son orientation sexuelle ; elle est donc plus difficile à définir que le sexe génotypique ou phénotypique. Généralement, le sexe psychologique comporte une évaluation de soi-même selon les traits les plus généralement associés à un sexe ou à l'autre et qui forment les attributs sexuels, traits qui peuvent, jusqu'à un certain point, être influencé par les normes culturelles. Pour comprendre les problèmes neurobiologiques relatifs au sexe, il peut être utile de considérer le sexe génotypique comme largement immuable, le sexe phénotypique comme modifiable (par le développement, par les hormones ou chirurgicalement) et le sexe psychologique comme une construction plus complexe dont les déterminisme sont autant biologiques que culturels.
Il est donc clair que le sexe génotypique, sexe phénotypique et sexe psychologique ne concordent pas toujours. Les discordances peuvent être légères, mais elles peuvent aussi aller à l' encontre des définitions habituelles de mâle et de femelle et être source de conflits psychosociaux et de troubles fonctionnels. Les discordances génétiques se rencontrent chez les individus X0 (syndrome de Turner), XXY (syndrome de Klinefelter) ou XYY. A chacun de ces génotypes correspond un phénotype particulier. D'autres déviations génétiques sont dues à des mutations des gènes codant les récepteurs des hormones ou les hormones elles-mêmes. C'est le cas, par exemple, de l'hyperplasie surrénale congénitale; ce trouble métabolique entraîne une activité excessive des surrénales au cours de la maturation, d'où résultent des niveaux élevés des androgènes circulants s'accompagnant d' une sévère perte de sel et d' un phénotype ambigu. Les individus de sexe féminin qui souffrent d'hyperplasie du clitoris et une fusion des lèvres; elles manifestent, dans leur enfance, des comportements de "garçon manqué" et, devenues adultes, elles ont tendance à nouer des relations homosexuelles. Le niveau élevé des androgènes que les surrénales déversent dans la circulation peut entraîner une organisation de type masculin, et non féminin, des circuits cérébraux sexuellement dimorphes, avec, pour conséquence, des jeux plus agressifs et le choix éventuel d' un partenaire sexuel féminin.
Le sexe psychologique est alors déterminé par la personnalité, l'éducation, l'identité en générale d'un individu.
L'identité se construit par rapport à des références sociales (groupes d' appartenance, rôles, statuts sociaux). La psychologie sociale définit l'identité sociale comme le point d'articulation du psychologique et du social chez l' individu.
L'identité permet d'affirmer une appartenance sociale nécessaire pour que l'individu puisse être référé socialement à des statuts et rôles spécifiques. L' appartenance sociale renvoie aussi bien à la culture de naissance qu' aux groupes formels ou informels choisis par l'individu ou encore à l'appartenance sexuelle (importante dans le rapport entre projet personnel et réalisation sociale).
L'identité sociale n'est pas figée, elle se modifie, parfois radicalement, tout au long de l'existence. Sa construction est déterminée par la nature de l'implications sociale de l'individu: plus les choix et les engagements sont motivés, plus l'individu est capable d'affirmer son identité propre.
L'identité sexuelle et l'identité sexuée sont deux notions différentes. La première rend compte d'un processus achevé à l'âge adulte, la seconde d'une reconnaissance par l'enfant de son appartenance sexuelle. Les théories psychanalytique, cognitive développementale et de l'apprentissage social tentent d'éclairer la construction de l'identité sexuée. On dispose maintenant d'un ensemble de données permettant de mieux appréhender les influences du père et de la mère sur l'inscription sexuée de l'enfant.
L'identité sexuelle introduite par Green (1974,1987), l'identité sexuelle se définit se définit en trois points:
- la conviction intime d'être un garçon ou une fille
- l'adoption des comportements culturellement attribués aux garçons et aux filles, aux hommes et aux femmes
- le choix du partenaire sexuel, homme ou femme.
Ne pouvant s' achever avant l'adolescence cette construction identitaire ne concerne donc pas l' enfant.
L'identité sexuée est la notion au croisement du biologique et du social : la reconnaissance du sexe de l'enfant à la naissance, sexe biologique assigné, entraîne de la part de l'entourage des réactions différenciées selon le sexe de l'enfant. Ces réactions s'appuient généralement sur les normes et stéréotypes sociaux de la culture d'appartenance.
La construction de l'identité seule est un processus se nourrissant des désirs et attentes parentales par lequel l'enfant doit faire siennes les caractéristiques attribuées à son sexe.
Il y a plusieurs théories qui expliquent cela :
- Le modèle psychanalytique (Freud) : L'enfant acquiert une identité sexuée par la résolution du complexe d'OEdipe (vers cinq/six ans). En renonçant aux sentiments amoureux qu'il éprouve pour le parent de sexe opposé, l'enfant s'identifie au parent de même sexe. Il attribue alors les rôles et attitudes de son propre sexe.
Sigmund Freud
- La théorie de l'apprentissage social (Mischel) : la constitution de l'identité sexuée se réalise comme tous les apprentissages, par renforcements positifs et négatifs de l'environnement social. L'enfant apprend par imitation (à partir de deux-/rois ans) les modèles proposés, opérant des classifications de ce qui est masculin et féminin puis les généralisant à son propre comportement.
Walter Mischel
- La théorie cognitive-développementale (Kohlberg) : la construction de l'identité sexuée est un processus interne. L'enfant apprend seul à se nommer garçon ou fille (deux-/rois ans), puis à nommer les autres grâce aux caractéristiques physiques (trois/cinq ans) et enfin établit la constance de genre vers sept ans. Cette théorie s'appuie sur le modèle du développement de l'intelligence proposé par Piaget.
Lawrence Kohlberg Jean Piaget
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| La prise de conscience de soi en tant que garçon ou fille ainsi que l’adhésion aux rôles et aux valeurs qui s’y rattachent constituent les bases de la construction individuelle. Cet ouvrage présente les différents modèles théoriques qui permettent de rendre compte et d’analyser cette dimension spécifique et fondamentale de l’identité. La réflexion s’organise autour de l’approche biologique, qui met en lumière la complexité du processus de différenciation des deux sexes. Elle se nourrit également des recherches sur le rôle de l’entourage social et, plus particulièrement, sur celui des attitudes éducatives différenciées. Enfin, elle montre l’importance de l’activité propre de l’enfant dans l’appropriation des rôles sexués.
Il devient ici nécessaire de définir plus précisément la notion d’identité. Dans Eloge de la diversité sexuelle (1999), Michel Dorais stipule que l’identité se construit en fonction de trois données, pouvant chacune adopter deux possibilités : le sexe, le genre et l’érotisme. Lorsqu’il vient au monde, l’enfant est immédiatement identifié en fonction de son sexe. Le sexe correspond à ce qui est biologiquement défini, par les chromosomes, mais aussi par les organes sexuels externes et les hormones. Mais lorsque des ambiguïtés apparaissent, médecins et chirurgiens font leur possible afin de rendre le sexe de l’enfant conforme à la logique binaire. La reconnaissance de notre sexe biologique constitue notre toute première pièce d’identité.
Notre genre constitue la seconde donnée de l’identité. Contrairement à notre sexe biologique, le genre est une construction culturelle : il se réfère à ce qui est considéré comme masculin ou féminin dans une culture donnée. Le genre est associé à l’acquis alors que l’identité biologique relève de l’«inné». Par conséquent, notre identité de genre dépend de notre degré d’adéquation aux standards masculins et féminins en vigueur. La notion de gender rendue au mieux par le terme «sexe social» englobe l’identité sexuelle acquise à travers l’éducation. C’est un sentiment d’appartenance d’ordre psychologique, social et culturel. D’une époque à une autre et d’un lieu géographique à un autre, les définitions du masculin et du féminin varient. Maquillage, vêtements, coiffures, manières d’être ou de faire, tâches domestiques, familiales, sociales, ou politiques, les caractéristiques associées aux hommes peuvent plus ou moins fluctuer selon les lieux, les périodes de l’histoire, les impératifs du moment (guerres, crises,...) et même les phénomènes de modes plus passagers. Contrairement au sexe biologique et physiologique, le genre est une question de définition collective, de consensus social : on est du genre masculin dans la mesure où l’on démontre suffisamment de caractéristiques réputées masculines, de même pour le genre féminin. C’est une affaire de symboles, de perceptions et de représentations, même si la majorité des gens croient à tort, que le genre va de pair avec le sexe d’une personne. L’orientation sexuelle d’un individu constitue le troisième de notre identité privée. Elle définit une personne en tant qu’homosexuelle, hétérosexuelle ou bisexuelle, en fonction de ses attirances sexuelles. L’individu détient à la fois une identité biologique (qui correspond à son sexe anatomique) et une identité psychologique (qui correspond à l’attribution sociale d’un des genres sexuels) et une identité érotique. |
Conclusion:
Tous ces différents types de sexe concourent à la mise en place de notre identité sexuelle. Qu’une anomalie apparaisse à un niveau et c’est toute notre identité qui se retrouve fragilisée si ce n’est remise en cause comme le cas de l' hermaphrodisme.
